Mi-parcours des fermes !… épisode 2 !

Les nouvelles se font rares, je sais, mais lisez bien ce qui suit, au moins ça a de la valeur de cette manière !

Alors voilà, après ma semaine de vacances à Byron je suis venue à Gatton pour continuer mes jours de ferme ! … et je me débrouille plutôt bien puisqu’au jour d’aujourd’hui, et deux jours avant mon anniversaire je suis arrivée à mi chemin !! Yoohooooo

Allez, sortez les mains de vos poches et applaudissez l’artiste !
Ouf, ça fait du bien quand même ! C’est certain que je vais encore galérer pendant quarante quatre autres jours mais au moins, ça c’est fait, et voir la progression ça rassure !

Mais il se passe quoi exactement là où je suis ?

Suivez le guide :

Ici, dans cette bourgade, oui, il y a des fermes. Mais c’est dur de les contacter en direct et de se faire embaucher de cette manière.

Pourquoi ?

Les backpackers ça fait trop de paperasse et on a pas le temps pour eux. Okay.

Donc au final on passe quasiment tous par ce qu’on appelle des ‘contractors’. Ces gens-là sont en fait nos employeurs. Ce sont eux qui gèrent notre emploi du temps, et un peu notre vie aussi tant qu’on y est…

Pour ma part, je travaille avec des indiens et c’est pas forcément la meilleure des expériences que j’ai pu avoir car ils ne sont pas super fiables. Cela dit, j’ai du travail régulièrement et ai trouvé de suite donc je n’ai en théorie pas à me plaindre ! Trouver aussi rapidement est rare et beaucoup ont été étonnés, sachant que certaines personnes ont trimé pendant plus de deux semaines avant de décrocher un travail.

Un texto et une demie heure plus tard, me voilà bookée pour le lendemain : aux petits onions !

La veille on me demande : « à quelle heure est ton pick up ? » (oui, alors, comme je suis dans un caravan park -camping- et sans voiture, ils viennent me chercher le matin en mini bus et me ramènent une fois la journée terminée. #classy #pastropquandmême )

J’ai donc été étonnée de la réaction des gens quand je leur ai dit en tirant la tronche ‘5h du mat ». Ils m’ont dit « oh ben ça va tranquille ! ». Oui, parce que parfois, et pour certains copains c’est le cas, c’est départ à 3.30 am. Outch !
Mais on assume, il faut les faire ces jours, et puis c’est un rythme à prendre après tout !

Généralement les journées se terminent assez tôt aussi (aux environs d’une heure de l’après midi ou jusqu’à trois quatre… tout dépend des commandes que l’on a).
On le sait en avance, mais parfois non.
C’est quand même bizarre de se dire qu’on a son contractor en favori… oui, car s’il n’écrit pas la veille pour vous booker la journée de travail vous pouvez vous attendre à un appel sur les coups de 5h le matin même. Au top.

Ici, c’est la région des légumes. Les différents jobs que l’on peut obtenir sont donc : picking (récolte), planting (planter), packing (emballer), croping/cutting (couper).

Vous verrez mon CV à la fin ! Il enverra du lourd ! Comme quoi, le marketing de luxe mène à tout !

On passe à ce que je fais vraiment ? Je vous fais une belle compile, soyez prêts.

Mon premier taff ?

Lavage et emballage d’oignons verts ! Ceux avec la longue tige… vous visualisez ?

Au début c’est compliqué parce qu’on n’a pas le coup de main, mais j’assure pas mal en vrai. C’est pour ça qu’ils me gardent. C’est payé à la boîte et ça fait mal à cause des élastiques qu’on doit mettre en haut et en bas de la botte. C’est trois dollars la boîte d’une contenance de dix bouquets ; comptez deux élastiques pour chaque, j’en met donc facile sept cent par jours, et ça, à répétition, aussi bizarre que ça puisse paraître, ça fait apparaître des bleus aux pouces. Oui, apparaître.
Et c’est le travail que j’ai fait le plus jusqu’ici ! On s’améliore à chaque fois et on atteint un rythme de croisière qui nous permet de faire dans les cent dollars par jour. Celle qui est derrière moi en revanche -Lee, chinoise de compète- se fait bien dans les trois cent !
Et oui, toi tu te pavanes facile avec ta ceinture bleue de judo alors qu’elle elle te met la pâtée avec une xp de 7 ans en lavage d’oignons.

Sinon, un jour j’ai été dans une ferme où la récolte du jour était -roulement de tambour- de la salade !
Ça va, c’est pas trop compliqué, c’est un travail à la chaîne également directement sur le ‘tracteur’. C’est fragile et bien évidemment il faut une technique spéciale, mais ça s’apprend assez bien et au final le temps passe vite, ce qui n’est pas trop mal pour une journée de huit heures ! Le seul hic c’est qu’elles sont pleines d’eau et que le matin avec trois degrés en extérieur, j’ai l’impression de travailler dans une chambre froide sous la pluie… pauvres petites mains congelées. Moi qui pensait que c’était fini ces histoires avec le picking de glaçons rouges de Shepparton !
Et la laitue s’appelait ‘iceberg’, je déconne pas.

Autre super job ? Cauliflower and cabbage packing !

Le travail consistait à mettre en carton les choux-fleur et choux qui défilent sur la tapis roulant directement sur le tracteur en temps réel grâce aux coupeurs qui avancent en même temps que le ‘harvester’ (engin sur lequel on est). C’est un travail vraiment facile car ce ne sont pas des légumes fragiles et on peut donc aller vraiment vite sans risquer de faire trop de bêtises en les rangeant/jetant rapidement dans les cartons. Cela dit, je le faisais quand même mal car j’en oubliais parfois. Ce qui est quand même la preuve accablante que je ne sais pas compter jusqu’à dix…

Autrement, j’ai aussi fait ce qu’on appelle ‘planting’, c’est ‘planter’ en français. Mon job consiste à marcher à l’arrière du ‘véhicule’ où sont assis les copains qui mettent les pousses dans une machine qui toutes les secondes les envoie dans la terre.
J’ai testé de faire ça, c’était pas forcément approuvé, du coup je suis revenue à la marche, à me baisser lorsqu’il y avait des erreurs (pas de pousse dans le sol, donc à moi d’en mettre, défaut de plantation à corriger…). C’est tous les vingt centimètres, donc faut être au taquet ! Très concentrée et efficace, le mec m’a quand même dit ‘il faut marcher plus vite !’. Oui, enfin, ça monsieur, après ça s’appelle ‘courir’… et moi, courir accroupie pour planter des pousses de brocolis c’est pas le sport national dans mon pays. M’enfin.

Mon employeur me fait confiance maintenant et je fais de bonnes semaines de cinq jours de travail en moyenne, ce qui est très bien considérant que certains ont déjà passé deux bons mois ici et n’ont cumulé uniquement qu’une vingtaine de jours…

Si je continue sur cette lancée j’aurai terminé début août !! Donc je croise les doigts pour rester dans ce domaine et pouvoir même travailler les jours de pluie. L’avantage de travailler en packing, c’est qu’on est à l’intérieur la plupart du temps.

Allez, on verra ce que ça donne, pas de faux espoirs et d’idées farfelues, on fait son taff, on profite de tous les jours ici et on voit les semaines défiler…

Je vous raconte comment se passe la vie ici dans un prochain article ? Effectivement, vous n’avez pas le choix, c’est une question rhétorique. Soyez patients.

Et d’ici là… xxxxx

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