Nouveau chez nous ! Échec et mat.

Ah ça, pour de l’aventure, c’est de l’aventure !

*navrée d’avance pour toutes les insanités qui vont paraître dans cet article*

Vous vous posiez encore la question sur mes longues journées d’absence ? Pourquoi elle n’écrit pas sur sa vie, ça prend deux secondes pourtant ! Pourquoi elle ne nous dit rien, elle doit cacher quelque chose !…

Et non ! En fait, je vis ! Voire même, je survis.
 Et j’essaye de régler mes problèmes avant de pouvoir me sentir à l’aise avec et pouvoir vous les rédiger. -Puis blague à part, ça prend bien trois heures à se rédiger ce pavé-.

Quand quelque chose de mal m’arrive, je peux flipper. Je vais stresser, sans vraiment le ressentir, mais je sais que c’est là. Je ne vais rien dire, essayer de mûrir la situation dans ma tête, sans l’aide de personne, me triturer l’esprit, galérer, retourner mille fois la situation, ignorer le monde autour, me prendre la tête… tout en ayant la certitude que, plus tard, ça sera quelque chose dont je rigolerai, pour sûr.

Je m’imagine déjà sur la terrasse d’un café parisien avec Blandine à dire « tu te souviens de cet enc*** de proprio qu’on avait ? Rhaaaaaaaa !!! Mais quelle enflure !! ».

Et puis on commencera à rigoler en s’énervant à peine, avec tous les souvenirs de ce traquenard qui remonteront à la surface.

Alors, oui, vous saviez. On devait y emménager dès mi-septembre…
–> Cliquez ici pour vous rafraîchir la mémoire.

Cette maison, c’était vraiment un endroit parfait pour nous.
Artistique, à côté du travail, au centre de notre vie sociale, bord de plage, colocataires adorables, grande maison avec beaucoup de cachet… Un lot de qualités non négligeables on va dire !
Donc après tous ces mois d’attente interminable, nous avons pu emménager dedans, le 26 décembre, après un message du propriétaire : « vous voulez toujours la chambre dans la maison d’Havelock ? elle est libre à telle date ». On n’y croyait pas vraiment, on espérait, toujours, jusqu’à l’heure où nous avons fait nos valises et déménagé, pour de vrai.brightonroadleave

Le type nous avait dit qu’il nous aiderait avec nos bagages. Au top ! Mais le jour même, plus personne.
« Tu peux nous chercher en voiture pour nous donner les clés en même temps ?
– Non c’est un jour férié, je ne serai pas dans les parages.
– Ah okay, donc qui sera là pour nous ouvrir et donner les clés ?
– Quelqu’un sera là »
Le jour-J : « Tu pourrais nous donner le nom et numéro de la personne nous accueillant s’il te plaît ? ou on sonne juste ?
– Vous arrivez à quelle heure ?
– Vers onze heures. (en Uber, car déménager, ça a la classe)
– Je serai là. »

Et même avec vingt minutes de retard, il était là ce con ! Clope au bec et démarche chaloupée, ce qui nous a vite tapé sur le système ; ce n’était pas un plaisir de revoir sa tête, mais là, c’était pour la bonne cause !

balasstkildaPresque midi, on déballe quelques affaires en attendant de s’installer enfin et on décide de déjeuner. Le temps était naze et ça nous rappelle la première fois qu’on s’était rendues dans les parages. On ne déroge donc pas à la règle, on va manger un bout. Et quel bout ! Un restaurant asiat’ comme on les aime : plein de saveurs et portions de malade.

Mais revenons à nos moutons (ou mouton noir).

On savait depuis le jour du déménagement que la maison allait être détruite fin du mois de janvier, ce qui m’arrangeait pas mal moi, vu que ma famille débarque le 3 février à Melbourne pour des vacances. Donc je demande de pouvoir rester jusqu’à cette date, et la réponse est « oui » ! Puuuuullll uuuup !

Bon, pour la maison, heureusement qu’on a l’esprit ouvert et revu nos standards à la baisse. La considérant comme une maison de vacances temporaire il était plus facile pour nous de passer à côté de ces petits détails qui nous auraient rendus la vie impossible : surfaces poisseuses, tâches sur les murs, portes sans verrous, murs fendus, ampoules non fonctionnelles, vaisselle cassée, robinets qui fuient, petite souris…et on en passe et des meilleures. C’est vrai qu’expliqué comme ça, vous avez vraiment l’impression qu’on vivait dans un taudis, mais promis, c’était quand même chouette !

househavelock

Quand on est arrivées dans la baraque il y avait un anglais, un couple d’Amérique latine (pas certaine) et un espagnol.
Tout se passait très bien entre nous, le pied ! Petites soirées improvisées sur la terrasse, leçons de cuisine, brunchs, sorties plage… une belle ambiance qui a dû vite s’estomper car Luke devait rentrer à Manchester, le couple avait trouvé un nouveau logement et Ivan partait pour Sydney une semaine et s’était trouvé un appart pour lui tout seul pour la suite.

Ça a fait tilt dans nos têtes : à partir de la semaine prochaine, on est seules dans la maison meuf ! Ça va faire vraiment drôle… mais bon, tant qu’on y reste, c’est cool, on fera notre petite vie, brunchs, taff, cuisine, plage, sport, sorties, soirées… c’était presque tout écrit : profiter à fond !

Les remarques des colocs ont fait s’éveiller en nous des soupçons, mais rien d’alarmant.
« Vous restez ? mais la maison va être détruite bientôt !? » oui, certes, mais pas sur nos têtes… il nous a dit oui jusqu’à ce que je parte en vacances début février.
« Et quand l’électricité va être coupée vous allez faire comment ? » Ben à la bougie ! nan, on déconne, il va nous prévenir quand même… !

Oui bien sûr… nous prévenir comme la semaine dernière où il est venu enlever deux des quatre frigos de la cuisine en oubliant de vider notre congélateur.
À ma question de savoir où nos affaires étaient il a quand même eu le toupet de me dire « c’est pas moi, demande aux autres colocs s’ils n’ont pas emporté vos affaires par mégarde ». Non c’est pas possible, cinq kilos de mister freeze, il n’y a que Blandine pour bouffer ça…

On laisse passer, mais une partie de moi garde quand même un arrière goût pas net au fond de la gorge. Il nous glisse des petits « si vous pouviez déménager avant le 5 ça serait mieux pour vous ». Pour nous… On réfléchit, et c’est vrai qu’on aurait pu le 2 par exemple.

On se retrouve enfin seules dans la maison, tous les colos ayant bougé la journée même et le dernier partant le lendemain, on décide de se regarder un film avec un bon petit repas dans le salon. Enfin un peu de détente…
Et là, un mec entre dans la pièce et dit « je suis là pour chercher la télé et la box ». Hop hop hop ! t’es qui toi d’abord ?

Ce mec, c’est un sbire de l’autre trou de balle. Il nous explique « je prends la télé et l’internet, ce sont les ordres, moi je ne fais qu’exécuter, de toutes façons vous n’en avez pas besoin, la wifi ne fonctionne plus et l’électricité va être coupée demain ».

-je crois que je n’ai pas arrêté de fixer sa tronche de cake et n’ai pas pris une respiration pendant trente bonnes secondes-

Le temps de réaliser ce qui nous arrive n’a pas pris bien plus longtemps. En fait, ce que disaient les autres colocs, c’était la vérité. Sauf que, pourquoi eux étaient au courant et nous non ?

J’appelle le proprio de suite, il ne répond pas. Le mec l’appelle, il répond. J’appelle à nouveau la seconde qui suit, il ne répond pas. L’autre mec l’appelle à nouveau, il répond. C’est une grosse blague.

Il part donc avec la télé, nous laisse la box car « ah bon, elle fonctionne ? autant pour moi, je ne savais pas ». Mytho va.
En partant il me transmet un message « il m’a dit qu’il vous appellerait ce soir ».

Vous devinez bien que ce n’est jamais arrivé. Mais très joli message à sept heures du mat le lendemain « Hey, aujourd’hui vous n’avez pas besoin de payer le loyer, je passe autour de dix-huit heures vous rendre votre caution ».
Traduction (grâce au manuel ‘la lâcheté pour les nuls’, premier volume) : vous partez aujourd’hui.

Je respire, essaye de passer une bonne journée, vide les placards de nourriture et rentre vers cinq heures et demi pour le rencontrer. Blandine en rendez-vous, l’heure tourne. Six, six et quart, six trente, sept moins le quart… je l’appelle. Il ne répond pas. J’insiste car j’aimerai tout de même avoir des explications. J’enclenche le mode masqué et « Oh ! hello Maya ! comment ça va ? ».
Notez que le mec il n’a pas froid aux yeux quand même.

Et là, c’est parti pour un concerto en fa mineur de bullshit.

Il me dit quoi ? Attachez vos ceintures mesdames et messieurs.

  1. On devrait se comporter en adultes et se rendre compte par nous mêmes que tous les gens s’en vont
  2. Il nous avait prévenues que la maison serait détruite, c’est de notre faute si on ne l’écoute pas
  3. Que l’escroc passé la veille pour la télé, il ne le connaissait pas, que c’est un ami du propriétaire (oui oui, c’est ce qu’il a dit. Oui, le propriétaire c’est lui. Enfin, que les soirs de pleine lune apparemment…)
  4. Qu’il ne savait pas quand exactement la maison allait être détruite, mais qu’on peut rester ici « autant qu’on veut », « à nos risques et périls », « sans avoir à payer de loyer »
  5. -cerise sur le gâteau ?- Qu’il n’a pas pu passer aujourd’hui car à cause de cette belle journée avec ses enfants il a une migraine !
    (il se rend compte qu’à cause de lui on l’a tous les jours, nous, ce mal de crâne ?).

Il me demande mon numéro de compte pour me transférer l’argent de la caution (six cent balles) et me dit qu’il va nous aider à nouveau à trouver un endroit en m’envoyant les infos d’un autre lieu qu’il possède (à Perpète-lès-Oies).
N’ayant aucune envie d’avoir à nouveau affaire avec lui je lui dis que, la thune, on la veut en cash et qu’on partira au plus vite, après avoir trouvé un logement ; ce qui dans ma tête nous laissait quelques jours de délais pour tout bien peser.

Le lendemain matin, vendredi pour être exacte, on a été réveillées par un doux son de perceuse dans la cuisine à huit heures et demi.

Il était là, en train de griller sa garo et démonter un meuble, posé dans la cuisine. Je me dirige vers lui dans mon habit de lumière, les cheveux fraîchement -non- brossés et commence un petit interrogatoire en toute tranquillité.

…Je vous assure qu’il faut avoir le ventre sacrément bien accroché pour ingurgiter autant d’inepties au réveil l’estomac vide…

Je crois que ma partie préférée reste celle où je lui ai demandé, ‘pourquoi, malgré tout, quand j’ai posé la question de si on pouvait rester jusqu’au 5 février’ il m’a répondu, que, sa réponse était évidente « bien sûr que je vous ai dit que vous pouviez rester jusque là puisque c’était ce que vous vouliez entendre ».

… bon sang. Mais OUI !

On dit que la connerie est humaine, mais alors lui, c’est un surhomme.

Il a rendu la caution (en intégralité !) et a continué son business en restant dans la maison pendant une heure, ses amis défilant et prenant meubles et affaires qu’ils souhaitaient. Un inconfort palpable croisé d’un stress omniprésent.
Il a quitté les lieux sans dire un mot, et tant mieux.

Senties débarrassées de cet être humain -ou pas- pour de bon, on boucle nos affaires, lui pique certains objets utiles, passe quelques coups de fils et trouve des endroits où crécher ces soirs-ci. Copain par-ci, options par-là… On se fait limite un petit planning de nos semaines restantes ici, en espérant trouver plus proche qu’une heure et quart de route de nos boulots…

Il est vrai qu’on aurait pu prendre un hôtel, ou même se poser en auberge de jeunesse, mais les prix explosent à cette période de l’année. Puis être backpackeuse avec un bagage de vingt-huit kilos et une seconde petite valise, c’est pas évident.
C’est donc là qu’on voit que les gens sympas existent et que l’Australie, c’est quand même un chouette pays quand il s’agit d’aider.
Retour donc chez notre jolie Kate, à Camberwell. Puis on verra pour se rapprocher de notre petit monde la semaine qui suit.

Apparemment, c’est ce qu’on appelle l’aventure ! Donc on s’y fait, garde le sourire.

Cœur cœur avec les doigts et garde la pêche canne à pêche !

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