« Happy » New Year

Il fallait que je me lance le 1er de l’an au matin dans un récit pour vous raconter comment 2016 s’est terminée en beauté. Ce que j’ai nommé « le conte de la pire journée de ma vie », en un seul volet, je vous la ferai courte. Un article pas comme les autres…

Dès le réveil j’ai senti que cette journée n’allait pas être des meilleures qui soit.

Déjà, pour vous faire le topo, je vous annonce qu’on a déménagé ! Oui, ça fait cinq bons jours à tout péter.
Ça paraît excitant comme ça, mais se réveiller toute endolorie à cause du matelas pas assez ferme, dans une chambre surchaude car la fenêtre ne s’ouvre pas, ça n’annonçait rien de bon. Réveils sans cesse pendant la nuit, huit au total, elle fut courte.

Niveau travail, mon boss et propriétaire du restaurant, trois jours auparavant, à qui j’avais demandé de faire des heures sup’ à cause d’une réduction drastique de mon emploi du temps me propose de venir donc deux heures plus tôt, soit à dix heures du matin, pour rallonger mon shift.
… Le tout pour me faire partir deux heures en avance. Chapeau l’artiste.

J’essaye de garder mon calme, mais ça ne s’est pas trop vu apparemment.
Je vous refait l’histoire rapidement pour ne pas trop vous perdre : le restaurant grec, n’est plus trop grec en fait. Tenu par des vieto-cambodgiens dorénavant tout est constamment en changement. Les clients s’en rendent compte, et puis nous-mêmes, le staff, sommes perdus. Décidant de prendre tous mes horaires -parce que je suis une fille et leur coûte trop cher- me voilà à devoir ramasser les restes et passer de trente à neuf heures par semaine. Pas top hein ? Mais je ne dis rien.

Donc je suis partie courir sur le bord de plage. Pas dégueulasse pour un trente-et-un vous allez me dire !

Douche prise, et sèche-cheveux qui décède entre les mains, j’enchaîne avec l’autre travail. J’arrive en retard alors que c’est à deux minutes à pieds de la baraque. L’angoisse.

Appels manqués de mon manager, j’attends qu’il vienne me voir.
Il passe donc à mon autre travail, tête d’enterrement de mise. Il était plus désolé que je ne l’étais. Verdict : je suis définitivement mise à la porte !
-Virer la seule qui parle grec dans un restaurant qui l’est encore, quel culot…-

Bien que j’essaye de positiver ce n’est pas ce qui s’inscrit à nouveau sur mon visage.
Malheureusement blasée et quelque peu énervée je continue malgré tout de faire mon boulot comme il se doit et régaler les clients pour cette fin d’année.

« Pas trop chiant de travailler le jour du réveillon ? » me dit texto un client au comptoir.
J’avais envie de lui en coller une et balancer un bon « Ben non mon vieux ! Si j’étais pas là tu n’aurais pas pu manger ton poulet ! ».
Vous imaginez bien que je me suis abstenue.

La deuxième phrase qui m’est passée par la tête était bien plus sensée et me ressemblant, alors j’ai dit naturellement « Oh non du tout ! Vous savez, ça me fait extrêmement plaisir de servir un aussi bon dernier repas pour 2016 ! ».

-Ouais, bien mieux.
Il n’a pas répondu.-

Trois heures à travailler déjà et il était neuf heures du soir. J’avais quand même hâte de terminer… En effet, j’avais promis à des copains de passer la soirée avec eux. Ce que j’avais moins calculé c’était que les deux personnes à qui j’avais dit oui ne la passaient pas ensemble. Quelle organisation.
Je devais impérativement passer la première partie au nord de la ville (à une heure de transports) et pour la seconde, revenir au bercail (à vingt minutes à pieds d’où je partais initialement). C’était prévu, décidé, je devais m’y coller.

Franchement ? J’allais lâcher l’affaire et rentrer chez moi pioncer, puis, prise d’une témérité sans égale décide d’envoyer un message à Blandine « prépare mon verre bb, j’arrive !! »
« Ouaiiiiiiis !!!! Quand ???? »
« Dans une heure ! »
Fastoche.

Avant de quitter le travail je m’accorde un moment avec les copains, et ma boss me propose un verre. J’hésite un peu, puis choisi le cidre, une petite folie ! Yum !
Même la tireuse a décidé de m’abandonner… on n’a pu me servir qu’un huitième de verre… Le sort était définitivement contre moi.

C’est pas grave ! Il est bientôt dix heures, je m’arrache !
Je cours pour chopper le tram et saute dedans ! Point positif !! Comme une mèche brune sur la tête d’une blonde je vois une lueur d’espoir et la possibilité que ma vie, en fait, n’est pas si naze que ça et que la routourne va routourner. (La France et ses poètes me manque).

Vous en voulez un autre d’ailleurs, tant qu’on y est, de point positif ? Les transports étaient gratuits ce soir ! Popooow.
Mais comme je fraude d’habitude, ça ne changeait pas grand chose au programme.

Bref. Dans mon élan de bonne humeur je mets Eminem à fond dans mes oreilles et m’enjaille enfin. Ça, c’était sans compter sur mes écouteurs, cassés depuis le matin même, qui ont décidé de changer de tube, sans prévenir, et me faire passer un moment en compagnie de Carla Bruni… ça aurait pu être pire, mais j’ai quand même changé pour retourner à d’autres classiques.

Musique à balle, je regarde l’intérieur de la rame, les gens sont ridicules mais heureux, ça me fait sourire, les vibes montent, je suis à une station de mon changement, le tram s’arrête.
Le contrôleur à la station suivante me dit « pour aller à Brunswick ? (je sens la douille arriver) Oulah… (oh mer**) mais ce tram ne fonctionne pas ce soir ! (tufoumageule?!). D’ici aucun ne part et pour le retour ils ne passent pas. (t’es pas sérieux monsieur…) Vous devez marcher jusqu’au centre (ouais vingt-cinq minutes) et prendre le bus numéro chépakoi pis l’autre blahblah… »
(T’es en train de me dire que je vais passer les douze coups de minuit dans un car là ?).

Dans toute ma détresse je décide d’alpaguer la première venue et lui proposer de faire le trajet avec moi. -Toujours positive là, vous avez vu cette force de caractère ?-
Je réalise tout de même que m’engager dans une heure de transports en plus me ruinera (encore plus) ma soirée et que payer quarante balles pour m’y rendre pour une heure n’améliorera pas non plus mes conditions de vie (je vous rappelle l’épisode « comment se faire virer en dix leçons ? »).

Un peu déçue (allllleeez ! qu’une de plus !) mais riant de mon malheur, je décide de rebrousser chemin avec Carolina qui m’abandonne lâchement quelques arrêts plus tard pour aller admirer les feux d’artifices (que j’aurais dû voir également de la grosse boom qui m’attendait à l’autre bout du monde : baraque, fêtards de tous les côtés, ambiance de fou que j’ai pu entendre à l’autre bout du fil grâce à mon envoyée spéciale).

Qu’à cela ne tienne ! Je prends le tram dans l’autre sens et me rends à la seconde soirée. Pas question de passer le décompte dans les transports. Non. Ça aurait été une sacrée grosse cerise sur ma journée qui n’était pas déjà du gâteau.
‘Vingt minutes à pieds’ me dit le GPS à l’arrivée à ma station. Tu déconnes cousin. Je les ai fait en courant, pas l’temps de niaiser.

Mais qu’ais-je fait au bon dieu pour mériter ça ?

Je déconne sur la route avec un groupe de français pas très lucides mais bien drôles et me mets à presser le pas et slalomer dans les rues vides de ce quartier de bord de plage. Je passe devant des bars où tous les gens s’éclatent, une grosse soirée grecque avec des gens tarés que j’aurai bien rejoint au final et m’enfonce dans un petit bois pour couper un bout de route.

Arrivée enfin sur les lieux de la soirée on m’accueille comme il se doit, tradition oblige : shot de tequila au pas de la porte ! Whoooouhouuuu ! ( Oh allez et puis f*** it! ça ne peut pas être pire non ?
Il est onze heures et quart et j’ai zéro gramme dans le sang, je me dis que ça ne va pas. En plus je suis sappée ‘sortie de taff’, mes oreilles comme des gourdes pleines et toutes les nanas sont en bombes. Sensation que ça n’allait jamais s’arrêter. Mais j’en rigole déjà.

J’ingurgite donc ce breuvage (j’ai des frissons rien qu’à écrire cette phrase maintenant), et pénètre dans la pièce principale où tout le monde me demande tout sourire :
« hey !!! ça va ? ». Zen.

-Le truc cool quand t’arrives dans une soirée où la majorité est déjà faite, c’est que même si tu dis « non ! » ils s’en foutent et continuent de rire, t’incluent dans leur délire et go, c’est lancé.-

Les douze coups retentissent, je me sens encore plus dans le futur que d’habitude, j’oublie tout ça, embrasse tout le monde autour, trinque avec un shot de Mr Black et profite du moment présent, à fond.
(seule photo de la soirée, et quel souvenir !).

Moi qui pensait que cette shkoumoune n’allait jamais s’arrêter…

On dirait que 2016 voulait me faire passer toutes les mauvaises choses avant le décompte de manière à ce qu’au réveil, 2017, ce matin tiens, tout aille bien. D’ailleurs pas si horrible que ça ! pas mal au crâne !
Ce qui est certain, c’est que ce nouvel an, je m’en souviendrai ! même si je dois tout même demander confirmation pour certains passages.

update: apparemment, j’étais ‘cute’, vaillante et bien élevée jusqu’au bout. Parfait !

… et bonne année à tous ! xxx

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