Pensées d’altitude – retour en arrière

Retour en quelques mots bien pesés sur les pensées que j’ai eues là haut, à me demander, me questionner, réfléchir, seule, mais bien, à mon futur, ma vie et surtout mon présent. Réflexions, relecture et enfin publication de mon ressenti il y a trois mois et dix mille mètres d’altitude.

Mais qu’est-ce que je fais ? Où je vais ? Et que vais-je faire ?

J’ai l’impression d’être folle.

Déjà si peu d’heures voyagées et pourtant tellement de choses passées. En quittant plus tôt dans la journée -avec quelques larmes à l’œil- ceux qui m’étaient chers et qui m’accompagnaient, j’ai de suite été casée par un adorable douanier avec un passager prenant le même vol que moi. Il s’empressa de m’annoncer que les filles n’étaient pas son genre, ce qui me fit rire bien plus que prévu. On passa un peu de temps ensemble puis je l’ai quitté, le remerciant d’avoir pu faire s’afficher à nouveau ce sourire sur mon visage, disparu quatre bonnes minutes auparavant. Puis tout s’enchaîna et me voici à l’embarquement, livrée à moi-même, mais jamais seule. Ticket scanné, bagage dans la boîte et découverte de mon siège ; c’est bel et bien parti.

En avion le temps passe tellement vite. Tu sais. J’avance dans le sens contraire de la terre ce qui fait que j’arrive dans la nuit bien plus vite que la normale. C’est étrange, c’est incroyable, mais c’est beau et ça me fait rêver. Je clique alors sur mon écran tactile que je n’arrive toujours pas à maîtriser et active la caméra embarquée de l’appareil.

Je me retrouve alors face à une mer de nuages qui ne cesse de s’obscurcir. Quel beau spectacle j’ai là devant mes yeux.
-Suis-je la seule de l’appareil à l’apprécier à sa juste valeur ?-
Malgré la qualité médiocre de l’écran j’arrive à percevoir les mouvements subtils du pilote essayant de contourner les perturbations et commence à divaguer, tout simplement.

Tiens, c’était l’heure du déjeuner un peu plus tôt. Tu sais, je ne suis pas difficile, et j’ai même trouvé que c’était un festin. Tellement délicieux.
Maintenant tout le monde est en train de s’endormir. Vu l’heure j’aurai tenté de dire que c’est une sieste mais à la vue de la luminosité j’opterai plutôt à un coucher, quoi qu’un peu tôt.
C’est une bonne nuit de sommeil méritée pour certains, mais moi je n’y arrive pas. Malgré mes yeux qui tentent de se fermer je ne peux m’empêcher de réfléchir.

Il n’y a personne juste à ma gauche. La dame assise deux places à côté de moi s’était déjà appropriée les lieux. Une habituée je dirai. Ou peut-être simplement une anglaise. Son accent et ses pieds impeccablement vernis ainsi que sa façon de se tenir en ce lieu m’y ont fait penser. No offense.
Elle s’allonge alors, tout confort, mettant ses orteils nus à côté de moi, puis les retire, les pose sur l’arrière de l’accoudoir de la personne de devant et à nouveau sur le côté pour enfin finir au sol. On dirait que ce n’est pas la seule à ne pas trouver le sommeil.

J’ai beau chercher autour de moi je ne vois nul hublot ouvert, ce qui me chagrine un peu.
Je me demande alors si les hôtesses de l’air, si chics, de tout à l’heure sont en train de dormir comme les jeunes hommes de l’autre côté de mon couloir : bouche ouverte et couverture sur tout le corps, bras croisés et l’écran lumineux éclairant leur visage.
Ça serait drôle quand même…

Quelques musiques remplies de sens pour moi travaillent mes oreilles alors que je tape frénétiquement contre le clavier de mon portable pour rédiger ce texte. J’ai envie d’organiser mes notes, prévoir mon arrivée, trier mes photos… Mais d’un côté non. Et puis au pire, ce n’est pas grave.

Je pense aussi à ce que je ferai une fois là bas. Je sais d’ores-et-déjà qu’il faut que je fasse les papiers administratifs importants, un compte en banque, mon portable -autant la réparation que le forfait téléphonique- et tant qu’on y est, m’acheter un bas de pyjama convenable. Oui, je ne sais pas pourquoi et comment cela m’est passé par la tête mais il me semble bien que le short que j’utilisais toutes les nuits pendant ces dernières vacances ne s’est pas glissé dans mes bagages. Sentiment d’oubli. Mais je relativise. Ce n’est qu’un vêtement.

Whaou. Je viens de faire une pause et ai fait défilé tout mon écran pour voir l’étendue des dégâts. Bon sang… Si je me mets à écrire comme ça tous les jours on est vraiment pas loin de sortir un bouquin par semaine !

Je me dis que c’est mon moyen d’expression. J’ai peut-être et sûrement quelque chose à faire avec ça dans le futur. Un moment donné c’était l’art, et ce média me plaît également, bien que peu exercé. Je suis déjà tentée d’acheter un paquet de feutres ou crayons de couleurs accompagnés d’un joli carnet afin de faire croquis sur citation à chaque événement sympathique que je rencontre.

Mais il faut que je me calme. J’ai tellement de choses engrenées que j’ai bien peur de ne pas pouvoir tenir la cadence.
Le film en trois secondes par jour, le blog, l’instagram personnel et celui qui suit les aventures d’une parisienne grecque sur les traces de sa vie…
Au delà de ça j’ai bien sûr le projet de me trouver un logement, un travail, ou même plusieurs, et prendre soin de moi pour me retrouver, me sentir vivante. Réaliser que je vis ma vie et surtout la vivre pleinement.

Voilà. J’ai mis les mots exacts sur ce que je souhaitais faire.
Quel bien fou cela fait…

Je fatigue quand même. En réalisant qu’il est en fait minuit au dessus du pays que je survole (inconnu au bataillon, les noms étant écrits en caractères chinois sur l’écran) j’hésite entre chopper le fameux coussin rond pour le cou dans mon sac, le gonfler en essayant de le faire d’un coup ou me rendre aux toilettes sur la pointe des pieds de peur de réveiller la centaine de passagers m’entourant. Dilemme de dingue.
Au lieu de ça, le temps passe et je pianote toujours avec vigueur en me demandant qui lira ce texte lorsque j’aurai une bribe de réseau et l’envie de l’envoyer.

2.09.16 18:00 -ou presque-
Quelque part au dessus de la mer d’Aral

 

ecrantactileavion

 

 

4 commentaires sur « Pensées d’altitude – retour en arrière »

  1. « prendre soin de moi pour me retrouver, me sentir vivante. Réaliser que je vis ma vie et surtout la vivre pleinement »… σ αγαπάω

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