Insomnie ou excitation ?

Inexplicable…

J’aurai beau essayer de vous le décrire, ce sentiment, vous en aurez l’aperçu qu’uniquement quand vous l’aurez devant les yeux -ou dans l’estomac-.

Le ventre serré et la gorge nouée je commence à réaliser que le départ est programmé à moins de douze heures. Dix, pour être précise.

Une pression, une appréhension, une hâte.

Dites que j’ai de la chance si vous voulez ! Mais surtout n’oubliez pas ce que je laisserai derrière moi…

S’il y a des choses qui vont me manquer ? Et comment !

Se dire que l’on part est facile, faire sa valise en est une autre… Bien évidement, il y a déjà les trois quarts de mon armoire qui vont rester patiemment à m’attendre dans la cave de mon immeuble ou chez moi en province et même en Belgique dans le dressing de ma meilleure amie… -quelle veinarde !- En tout cas, vu ce que je prends avec moi, je sens que je vais être une fille stylée là-bas ! Je n’ai emporté que les fringues qui me vont à merveille ! Quoi qu’avec les quelques kilos pris lors de ces vacances je suis bien heureuse d’arriver et que ce soit encore l’hiver dans ce pays ! Et par hiver on se comprend bien, j’arrive et il fera à peine quinze degrés selon Siri, pô dégueu.

Le fromage n’est pas ma grande passion, et les plats typiquement français, quoi que délicieux, bien trop bourratifs à mon goût. Quant à Paris, son métro, habitants et petits commerçants, mis bout à bout ça ne fait pas rêver mais j’ai su les apprécier à leur juste valeur, même les aimer ; j’espère les retrouver intacts, jolies petites images.

Blague à part … Pas mal de choses vont me manquer et je ne le réalise que maintenant, mon optimisme refusant de se confronter au futur proche.

Quels gens fabuleux j’ai pu découvrir ici ! et me dire que demain, à la même heure je serai à Hong-Kong… ça me ferai presque regretter une bonne terrasse du vendredi soir avec son verre de vin rouge à six euros et sa bande de copains contactés dans la foulée. Mais bien sûr que non, je ne les regrette pas déjà, j’ai hâte de partir ! Je sais que tout va changer, et ce n’est que positif. Les souvenirs restent, et ils sont chouettes.

Je n’arrive pas à fermer l’œil et peaufine dans ma tête les derniers détails qui me restent à régler.

Je pense à quoi ? Oh … à tout, à rien, à eux, ceux que je laisse, mais n’abandonnerai jamais, à la vie, à moi, au futur. J’essaye de m’imaginer de quoi il aura l’air bien que je n’y arrive pas. Je reçois quelques messages de mes amis les plus proches et j’ai la larme prête à s’échapper tout en ayant la pommette relevée, les yeux dans le vague et la tête pleine de clichés. Puis je retourne à ma valise, celle qui doit faire au maximum trente et que j’ai réussi à combler d’uniquement vingt-deux kilos de nécessaire (mais le sont-ils vraiment ?).

Cela dit, c’est pour dix mois, minimum, et comme je suis un petit garçon manqué, ça ne me pose pas de soucis, bien que le choix d’une robe de soirée ai été compliqué je l’avoue ! Maintenant que tout est bien rangé, j’ai peur de ne pas m’y retrouver une fois arrivée là-bas et regretter mes choix. Ma check-list n’a pas été vérifiée et le bazar règne encore dans mon antre… J’a-d-o-r-e.

La rue est encore animée, la cuisine non rangée et ce petit vent frais qui accompagne mon verre de Moët est, ma foi, fort agréable.

Il est bientôt trois heures et demi du matin, jour du départ… Je me faxe alors pour la dernière fois dans mes draps auprès de mon frérot -Marine- qui dort déjà depuis bien une heure et souris bêtement en essayant de contrôler ma respiration au rythme incessant de mes battements de cœur.

 

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